La Loi de finances ravive la guerre entre opposition et majorité

0
28

« C’est absurde ». C’est ainsi que le chef du gouvernement a qualifié, dimanche devant l’association des ingénieurs PJD, le rejet, jeudi 19 décembre 2013, par la Chambre des conseillers du projet de loi de finances. « Nous ne comprenons pas ce que veulent les partis de l’opposition, sauf s’ils comptent faire montre de leur force numérique à la deuxième Chambre, mais cela ne sert à rien, il aurait fallu qu’ils présentent de véritables amendements de nature à assurer l’essor de l’économie nationale et non des amendements qui handicapent les finances publiques au profit de discours politicien» déclare à menara.ma un député PJD, en guise de commentaire de la réaction de M. Benkirane et surtout en guise de réplique à l’attitude de l’opposition.

 

Le débat sur le rejet par la chambre des conseillers du projet de loi de finances a trouvé écho auprès des femmes ittihadies qui tenaient leur congrès le week end dernier. Des discours enflammés du Premier secrétaire, Driss Lechgar, aux interventions des congressistes, le PJD n’a pas été épargné. Loin s’en faut. Même son de cloche à l’Istiqlal où Hamid Chabat considère devant les siens qu’il s’agit là « d’une victoire sur la majorité, plutôt sur le PJD et qu’on va leur montrer ce dont nous sommes capables », a-t-il déclaré.

READ  Il y a un mois, la crise gouvernementale éclate

 

Ce qui a fait dire à un constitutionnaliste que « tout cela ne mène à rien. Il faut bien que l’opposition se rende à l’évidence, son rejet du projet de loi de finance n’est qu’un baroud d’honneur puisque le projet passera finalement devant la première chambre et sera adopté. Aucun amendement proposé par l’opposition et rejeté par la majorité n’était objectif ou justifié politiquement et financièrement. »

 

Manœuvre politicienne

 

Pour le député PJD, Abdelaziz Aftati, « la manœuvre de l’opposition ne marche pas. Se barricader derrière un vote à la deuxième chambre n’avance à rien. D’autant plus que cette chambre n’est plus de mise. On attend le jour de sa suppression puisqu’elle n’est pas compatible avec la nouvelle constitution… »

READ  Les marchés américains ont clôturé sans tendance; Dow Jones en hausse de 0.57%

 

Attaque à laquelle le président du groupe union constitutionnelle à la deuxième Chambre, Driss Radi réplique dans une déclaration à menara.ma : « Ceux qui ont mené campagne contre la deuxième Chambre sous le prétexte fallacieux qu’elle dans un état de mort clinique nous ont en fait renforcé et poussé à accomplir notre devoir et notre mission. Le rejet de la loi de finance témoigne d’une maturité de la pratique démocratique de notre pays. La nouvelle alliance de l’opposition et contrairement aux attaques de certains est là pour faire avancer le processus démocratique. Elle votera oui pour tout ce qui peut alléger les souffrances des Marocains. Encore faut-il que le gouvernement présente des projets dans ce sens ».

READ  Casablanca: Plus de 24 mille familles des bidonvilles relogées

 

Pour rappel, la Chambre des conseillers, chambre haute du Parlement, a rejeté le projet de loi de finances (PLF) par 87 voix contre 33. Lors des discussions en commission, l’opposition avait présenté 186 amendements. Seuls onze ont eu l’aval de la majorité.

 

Que va-t-il se passer maintenant ? Selon les textes de loi en vigueur, si le projet de finances est rejeté par la chambre des conseillers, il est renvoyé pour une deuxième lecture devant la chambre des représentants. Le vote de cette dernière est définitif. Vu que le PJD et ses alliés ont la majorité, le projet sera donc adopté.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here