Mondial-2014: la France a peur

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Et voilà que ressurgit le fantôme de France-Bulgarie, ce cauchemar du 17 novembre 1993, une défaite 2-1 qui avait privé l’équipe de France du Mondial-1994 aux Etats-Unis. Depuis, les Bleus ont participé à toutes les Coupes du monde.

De quoi justifier un appel à la mobilisation venue de la classe politique, signe que ce qui se jouera sur le rectangle vert aura des répercussions bien au delà.

“Il ne faut jamais renoncer. Même quand c’est difficile, il faut encore se battre davantage. Je crois que c’est ce qu’ils vont faire ce soir”, a déclaré le Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Le miracle est-il possible ? “Il y en aura peut-être encore ce soir”, a espéré Jean-François Copé, président de l’UMP sur France 2, suggérant qu'”au lieu de passer notre temps, jusqu’à ce soir, à critiquer l’équipe de France, on soit derrière elle”.

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Problème: l’équipe de France 2013 “n’a pas la chance d’avoir un Platini ou un Zidane pour marcher droit”, regrettait mardi l’éditorialiste de la Charente Libre.

Or, pour attraper in-extremis l’avion pour le Brésil, Ribéry et ses partenaires doivent vaincre par trois buts d’écart. Un exploit qui n’a jamais été réalisé par une équipe battue 2-0 à l’aller en barrage du Mondial.

“Administrer une baffe au racisme”

“C’est une évidence. C’est beaucoup plus qu’un match”, assure Midi Libre. “Un billet pour le Brésil aurait un impact très positif sur notre économie”, veut croire le quotidien.

“L’équipe de France porte aujourd’hui sur ses épaules des enjeux qui la dépassent”, confirment les Dernières Nouvelles d’Alsace.

Le gouvernement lui-même serait potentiellement touché par une sortie de route des Bleus. Selon L’Alsace, “Didier Deschamps et ses joueurs pourraient même enfoncer un peu plus dans l’abîme de l’impopularité le chef de l’État et son Premier ministre.”

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Après le succès de la génération black-blanc-beur de 98, c’est même toute la question de l’intégration qui semble posée.

“L’équipe de France, avec ses ratés à l’allumage et ses joueurs têtes à claques, constitue un bouc émissaire idéal pour ceux voulant exorciser leurs propres peurs”, regrette l’éditorialiste du Républicain lorrain, craignant que les Bleus n’aient “même pas le minimum d’orgueil nécessaire pour administrer une baffe au racisme.”

Une certitude: si les hommes de Deschamps n’ouvrent pas le score assez tôt, les sifflets risquent de vite tomber des gradins. Et, en cas d’élimination, le foot français écrirait une nouvelle page noire de son histoire, avec un long tunnel en perspective jusqu’à l’Euro-2016 que la France organise, donc auquel elle participera automatiquement.

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L’opinion ne pardonnerait rien à des joueurs encore marqués au fer rouge par la grève de Knysna, il y a trois ans, au Mondial-2010 en Afrique du Sud.

L’heure serait inévitablement aux règlements de comptes. Avec au rang des accusés, outre les joueurs, la Fédération française de football (FFF) et son président Noël Le Graët. Et bien évidemment le sélectionneur Didier Deschamps.

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